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Au coeur d'une nuit

Par : Florian Gouthière

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Coeur d'automne, en région. Les artères des villes sont pour ainsi dire désertes. L'humeur est à rester chez soi. Si "chez soi" il y a...
Chaque année, à quelques semaines de l'hiver, une veillée à l'échelle provinciale est organisée par le Regroupement des Auberges du Coeur pour attirer l'attention sur une réalité trop souvent ignorée : l'itinérance en région.

Villes au coeur d'automne

Les derniers jours d'octobre, humides et froids, ternissant l'asphalte, rongeant la lumière des jours, remplissent chaque année mon coeur d'une mélancolie urbaine, que je cherche toujours à fuir. Mais voilà que cette semaine, le sujet imposé pour nos reportage est : coeur de ville. Je veux contourner la difficulté, trouver un village... Mais les hameaux de campagne, en cette saison, sont endormis, et ce sont les bois qui résonnent des voix et des tirs des chasseurs.
Je suis donc de retour, ce soir là, à Rimouski. Baignée d'une odeur musquée, de terre et d'algues, fouettée par un vent glacé, la cité est d'humeur d'automne. Cette nuit d'escale, pourtant, est une nuit particulière au Québec. Simultanément dans 21 villes se tient une veillée particulière : la 18ème nuit des Sans-Abri.

Nuit de solidarité, d'échange, de revendications, elle permet aussi et surtout de mettre en lumière une réalité très souvent ignorée : l'existence de personnes sans domicile fixe loin des grands centres urbains, dans les différentes régions de la Belle Province.

L'itinérance en région

Cette nuit, à quelques jours de l'hiver, j'ai découvert cette réalité. J'ai aussi pris conscience que la pauvreté n'est pas toujours la seule cause de “l'itinérance”. Une rupture familiale, la peur d'être jugés pour certains de ses actes, peut amener tel ou tel à s'exclure et à errer dans le coeur des villes, parfois des mois durant. Dans ces moments là, certaines structures non gouvernementales, hélas souvent dénuées de ressources suffisantes, peuvent venir en aide aux personnes en souffrance. L'Auberge du Coeur de Rimouski, baptisée le Transit, ne peut ainsi guère offrir plus qu'un toit à ses jeunes résidents. La coordination des associations de soutien aux personnes en difficulté est difficile, là encore par manque de fonds.

Pourtant, les sans-abri, en région, ne sont pas des milliers (les statistiques officielles, si elles sont accessibles, portent plus volontiers sur la pauvreté que sur l'itinérance). Ils existent, néanmoins. L'aide des pouvoirs publics locaux est parfois perçue comme un mouvement de pitié. Les personnes qui en “bénéficient”, pour conserver leur dignité, préfère souvent la refuser. Cette aide consiste d'ailleurs trop fréquemment, dans les faits, à offrir aux personnes un titre de transport pour Montréal ou Québec...

De fait, les actions coordonnées de lutte contre la précarité du logement, en région, sont rares et pratiquement inefficaces. À défaut de pouvoir exporter les "solutions" mises en oeuvre dans les deux grands centres urbains, les différentes municipalités touchées par ce problème doivent peut-être assumer de travailler main dans la main avec les associations à but non-lucratif locales et provinciales – ce qui n'est aujourd'hui que très rarement le cas.

Des progrès considérables doivent être fait en la matière, que déjà un nouvel hiver s'en vient.

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Commentaires

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La tante du beauf 25 nov. 2007

Montrer ce que d'autres cachent, parler avec pudeur et reconnaissance de cet autre côté de notre monde: c'est ce que tu as su faire et je t'en remercie. Tu as"profité" de ton moral bien bien bas pour nous concocter un reportage en phase avec tes états d'âme. C'est réussi; alors please............on remonte la pente!

momo9cam 16 nov. 2007

J'aime tes textes. Mais parfois ils gonflent à rougir la disparité avec tes images.........dommage. Tu dois travailler à l'accomplissement global de tes reportages.

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Francis 13 nov. 2007

Ne te laisse pas influancer par des propos méchants, voir orduriés. Ce ne sont que des jaloux et / ou des supporters d'autres reporters. Continu ta route, ignore les. De toute façon, tu fais partie des meilleurs.

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Anguille 12 nov. 2007

Bravo Floriant, ton reportage m'a touchée. C'est drôle, quelques fois, il faut quelqu'un qui vient de l'extérieur comme toi, pour nous faire prendre conscience des réalités de chez nous. Merci:) Maude

tic&tac 12 nov. 2007

C'est vrai que ton texte est long alors je ferais court : c'était TRES bien !

Bobby chéri 11 nov. 2007

Touché .. surtout quand on a suivi les conditions pour toi pour nous sortir ce document.. Bravo je suis impressionné. J'adore les prises de vue ca sert le ventre.

Lau 11 nov. 2007

Texte touchant, pudeur du regard via la caméra et le montage, merci de nous avoir montré ce que souvent nous fuyons du regard.

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10 nov. 2007

Au coeur d'un village et d'une nuit, tu as fait un reportage avec du coeur et tout en douceur... Bravo! J'aime beaucoup le témoignage de la jeune fille, qui s'impose comme un choc de réalité. La voix off est touchante, presque poétique. Et le texte, toujours aussi imagé, m'a permis cette fois-ci de m'imaginer l'odeur de Rimouski! Merci!


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