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Au fond du couloir après le choc culturel

Par : Florian Gouthière

Le vidéo sera disponible dans un moment. Merci de patienter.
Assurez-vous d'avoir au moins la version 9 de flash installée sur votre ordinateur.

En prêtant attention à des différences nichées au coeur du quotidien, de nombreux pans d'une culture ou de son histoire peuvent se révéler au voyageur curieux...

À propos du choc culturel

En employant le terme de "choc culturel", nous parlons du français qui déclenche l'hilarité générale lorsqu'il vouvoie un homme inconnu dans une soirée (vécu), ou qui cherche pendant deux semaines l'utilité du tube de plastique marron à deux trous posé à côté de la machine à café (vécu aussi... par les quatre müvmediens français); du québecois qui se rend dans la salle de bain sans trouver les toilettes (vécu par notre hôte à Montréal, de retour d'un séjour à Paris)...

De ces choses anodines qui, en somme, démontrent la variabilité et la richesse des possibilités de définir le quotidien. Chaque option choisie par une société est une possibilité, une adaptation, qui n'est jamais supérieure ou inférieure à une autre. Ces différences anodines, ne sont pas sur une échelle de valeur. Elles sont le fruit de la rencontre de la richesse de l'inventivité humaine et de contingences multiples. Elles démontrent que rien n'est jamais évident. Que beaucoup de nos actions et de nos choix pourraient être autres. Elles nous forcent à comprendre que les nations ne sont pas supérieures ou inférieures, mais juste inventives et créatives. Elles nous enseignent l'humilité.

Le goût de l'étonnement. De la découverte. D'être surpris, et d'apprendre.

Choc culturel n'est pas choc des cultures !!!!!!

Ce concept de choc culturel, c'est-à-dire la découverte de dissonances parfois légères mais toujours sensibles entre les habitudes d'un groupe social par celle d'un représentant d'un autre groupe (différences régionales, interdisciplinaires, interfamiliales...) est une réalité passionnante. Il ne faudrait pas la confondre avec la théorie du “choc des cultures”, presque homonyme. Cette dernière, populaire depuis peu, défend l'incompatibilité fondamentale des cultures, et joue des stéréotypes comme d'une réalité figée démontrant cette incompatibilité. Une analyse un tant soit peu raisonnée des idées défendues par les auteurs de ces ouvrages révèlent des paradoxes logiques déplorables... et terrifiants, lorsque l'on sait que ces thèses constituent la stratégie idéologique de nombreuses nations. Les mots se ressemblent, mais nous parlons bien de choc culturel.

Au fond du couloir...

Pourquoi avoir choisi d'aborder, dans le reportage vidéo de cette semaine, la question des différences culturelles au travers de celui... des "toilettes" ? Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, il s'agit d'un lieu quotidien - de fait, fortement susceptible de contenir des éléments marqués par les habitudes et les usages. Tout objet usuel, toute configuration d'un espace quotidien, tend à rencontrer un idéal de fonctionnalité, selon une hiérarchie de critères propre à chaque communauté. La fonction des compromis entre les différents impératifs aboutit à une solution toujours particulière, discrètement connotée.

Paradoxalement, il s'agit d'un lieu peu "exploré" par l'anthropologie et la sociologie. Le "tabou" qui y est associé ne nous semblait pas un obstacle suffisant pour faire barrage à notre curiosité.

Peu de littérature existe sur ce sujet particulier... ce qui a rendu notre enquête aussi difficile que passionnante ! Cependant, dans son célèbre essai Éloge de l'ombre, l'écrivain japonais Tanizaki Junichirô (Tôkyô, 1886-1965) célébrait la spécificité des lieux d'aisances “à la japonaise”, avec toutes leurs caractéristiques typiques qu'il jugeait parfaitement adaptées à la culture nipponne... Tanizaki révélait et magnifiait les particularités de cet espace, expliquant les avantages de telle ou telle configuration des lieux, pour aboutir à l'idée que la configuration des toilettes japonaises traditionnelles était un idéal d'harmonie. Jugement culturellement marqué s'il en est.

Analyse culturelle contre clichés

Lorsque l'on cherche à trouver l'origine des différences entre la conformation ou l'utilisation d'objets standards dans différentes sociétés (voire différentes couches d'une même société), il n'est pas impossible que certains “clichés” et “stéréotypes” ressortent spontanément dans l'analyse. Observons qu'un grand nombre de ces "images d'Épinal" ne constituent pas nécessairement un jugement de valeur. Elles peuvent, en effet, se révéler être le témoin d'une tendance historique (apparition du machinisme en Amérique du Nord dans les années 20...), de spécificités géographiques ou climatiques réelle (par exemple : la variabilité des types d'agriculture selon les latitudes, qui engendrent des habitudes alimentaires particulières, ou la présence de certaines espèces végétales sous certains climats, qui favorisent l'apparition de comportement alimentaires plus fortement représentés en certains endroits...). Ces réalités objectives locales constituent pourtant, pour qui, de par les spécificités de sa propre culture, des faits “étranges”, au sens d'”inhabituels”. Ce sont ces “surprises”, ces “différences notables” par rapport aux propres normes des voyageurs, qui se figent dans l'imaginaire collectif (notamment touristique) pour prendre valeur d'image “forte”, symbolique.
Analyse culturelle : interroger les habitudes, comprendre les phénomènes historiquement normés
Un cliché est une absurdité lorsqu'il est utilisé comme seule grille de lecture, et comme moyen de réduire la richesse d'une culture à une seule image négative. Oui, les magasins français ont un grand rayon de produis vinicoles, puisque le pays est un grand producteur de vin. Oui, il existe une culture du vin associée aux habitudes alimentaires française. Mais non, les français ne boivent pas tous du vin. Ils ne sont pas tous fumeurs, certains ne mangent pas de fromage, etc. Ces évidences doivent être rappellées : elle permettent d'aborder la notion de “fait culturel” sans passion, d'un point de vue simplement sociohistorique.

Invitation à l'étonnement

Cette semaine, quelques problèmes techniques et de désagréables soucis de santé m'ont empêché de consacrer un temps suffisant à la mise en forme des très nombreuses informations surprenantes qui m'ont été données par mes trois interlocuteurs principaux (le sociologue Louis Jacob, de l'UQÀM, le designer québecois Dave Berge et le maître plombier Denis Bergeron) ainsi que les différents membres des services publics et des ministères provinciaux. Je m'excuse auprès d'eux de ne pas avoir pu mettre mieux en valeur leurs connaissances et observations dans le cadre de cette enquête. J'espère néanmoins que les quelques éléments de réflexion mis en valeur par ce court travail donneront à d'autres l'intérêt d'interroger ces questions surprenantes et passionnantes.
J'espère avoir pu attirer quelques instants l'attention du voyageur sur les richesses de la banalité quotidienne qu'il traverse. C'est une invitation qui lui est faite à s'étonner des “évidences”.

Interroger le quotidien nous ouvrent à la compréhension de l'autre, de sa culture et de son histoire. La curiosité reste le meilleur moteur du partage.

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Commentaires

ninette 30 nov. 2007

trés interessant , cela poussse a la recherche de la comprehension de l'autre, aprés tout le choc culturel ce retrouve souvent d'un idividu a l'autre. bravo

Sophie.B 04 nov. 2007

3/10 en moral !!! BOF Moi je suis FAN , alors courage ! Bizz

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La tante du beauf 03 nov. 2007

Et ben oui, il a raison ce Florian, c'est du regard porté sur ces lieux intimes qu'on apprend aussi à connaître l'autre. Sujet d'importance , il fallait y penser! Tu l'as fait et bien fait! Bravo encore une fois pour ton impertinence savamment développée!

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Catherine F 02 nov. 2007

bravo Florian .Toujours aussi décalé et plein d'humour. Continue comme ça et on veut du 10/10 pour le moral la semaine prochaine, on compte sur toi !

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Hélène B5 31 oct. 2007

Bonjour, Je suis un peu en retard sur mes visionnement (manque de temps). J'ai beaucoup apprécier tes reportages , il me font découvrir un autre Québec (moi qui croyait bien connaître ma province). Un bravo tout spécial sur les reportages réalisé dan le nord du Québec. Merci d'être original et continue sur cette voix. H. Beaudin

momo9cam 31 oct. 2007

Voilà: un sujet presque banal, rendu magistralement. Bravo pour ton originalité visuelle et ton texte si bien exprimé, et surtout ta façon mi-figue mi-raisin de le rendre.

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tata 30 oct. 2007

le voilà enfin ce reportage très "Florian- nesque".Un tout petit peu bavard mais j'aime bien qu'on m'explique le pourquoi du comment,alors je suis comblée. syl

tic&tac 30 oct. 2007

T'as pensé à le faire passer dans le dessous des cartes ? PS : J'etais pas loin pour le concours, j'exige le demi cadeau !

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PELLERIN 30 oct. 2007

Original , drôle et instructif .

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Nathalie Bernier 29 oct. 2007

Salut Florian. J'ai bien aimé, très loufoque et comique. J'ai essayé de voter et on me dit que j'ai déjà voté Bizarre dédoublement de ma personnalité...

pouiklavie 29 oct. 2007

Merci pour ce sujet une fois de plus passionnant et enrichissant. Garde le moral Florian,l'automne est une drole de période pour le moral, mais ne remet en aucun cas la qualité de ton travail, il est genial...

bene 29 oct. 2007

SUJET TRES BIEN TRAITE LES EXPLICATIONS SONT PARFOIS UN PEU COMPLEXES MAIS ON VOIT QU IL Y A DU TRAVAIL

Bobby chéri 28 oct. 2007

Complètement d'accord avec ma voisine du dessous .. tu parles un peu speed .. mais je ne pensais pas un jour etre aussi impatient de visiter des toilettes .. j'ai toujours su que c'etait un lieu de méditation ! Très bien monté et encore un sujet abordé avec brio !

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danielle BOEUF 28 oct. 2007

Ba dis-donc Florian, c'est quoi ce 3/10 en moral ?

Lau 28 oct. 2007

Y avait que toi pour faire ça ! C'est d'une originalité épatante. Moi qui connaissais le sujet de ce reportage depuis longtemps, j'apréhendais un peu son traitement et tu t'en ai super bien sorti. Juste un truc : tu parles vraiment trop vite, j'ai eu du mal à suivre et à tout intégrer ! Mais sinon : encore bravo !

Mad 27 oct. 2007

Toujours égale à toi-même ! C'est presque parfait...


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