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Sur les traces d'Agnès

Par : julie

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La Pointe-Courte, c'est le titre du film qui a lancé la carrière cinématographique de la photographe Agnès Varda en 1954. Mais la Pointe-Courte, c'est d'abord et avant tout un joli quartier de pêcheurs en bordure de l'étang de Thau à Sète. Bien que les années aient passé, l'endroit semble avoir gardé une empreinte d'éternité. Les gens se souviennent.

Comme vous voudrez

La chance, le hasard, le destin, appellez-ça comme vous voudrez mais j'en ai eu pour cette deuxième semaine. Après quelques questionnements existentiels à savoir où serait ma deuxième destination, j'ai finalement atterit à Sète. Là, je demande au propriétaire du café internet de m'indiquer où aller dans sa ville pour trouver un sujet de reportage. Il me parle d'un quartier, la Pointe-Courte et me rappelle que c'est là où Agnès Varda (réalisatrice française que j'ai découverte il y a quelques années avec son film Les glaneurs et la glaneuse que j'avais adoré) a réalisé sont premier film en 1954. Voilà, mon sujet est trouvé: je pars sur les traces d'Agnès.

Le lendemain, au petit matin, je me rends dans cette fameuse Pointe-Courte. J'ai tout de suite compris en y mettant les pieds pourquoi madame Varda l'avait choisi comme théâtre de son premier long métrage. Il y règne une paix, une simplicité rare. Je me dirige illico vers le café du coin, question de tâter le pouls de la place. Des photos du premier tournage ornent les murs. Les gens se souviennent. En discutant avec les résidents, j'apprends une nouvelle incroyable: Agnès Varda est présentement en tournage à Sète et tournera des scènes à la Pointe Courte... le lendemain. Elle y tourne un film autobiographique intitulé Les plages d'Agnès où elle repasse dans les endroits qui ont marqués sa vie. Je manque de tomber de mon tabouret tellement je n'en crois pas mes oreilles.

En sortant du café, je vois accroché à l'essuie-glace d'une voiture un avis de tournage pour le film, avertissant les habitants de l'événement. Et sur cet avis, il y a un numéro de téléphone, celui de la régisseure du film. Telle Lucky Luke sur son pistolet, j'empoigne mon téléphone cellulaire (en fait celui de Florian) et appelle d'une voix tremblante la dame. 5 minutes plus tard, elle m'apprend que Madame Varda accepte que je vienne sur les lieux du tournage le lendemain et qu'elle aura peut-être le temps de m'accorder quelques minutes. La vie est belle je me dis.

Le lendemain, je me pointe à la Pointe à la première heure. Je me balade dans le quartier à la recherche de madame Varda. En route, j'y fait la rencontre de gens, des Pointus comme ils s'appellent. Ils sont gentils, vrais, ils ont les yeux qui brillent. Ils m'invitent à leur table, m'ouvrent leurs souvenirs.La magie s'installe. La Pointe-Courte se dévoile sous mes pas. J'en oublie presque Madame Varda et c'est là qu'elle arrive, aux sons des tambours et des hauts-bois. Pour son tournage, elle avait organisé quelques mises en scène. Du haut de ses 78 ans, elle dirige tout ça. Sa vive énergie et son oeil de lynx m'hypnotisent. Mais la journée est fort chargée et c'est dans un mauvais moment que j'ose enfin aller l'aborder. Elle me fait comprendre que ce n'est pas le temps. Je renonce donc à lui soutirer quelques mots.. Au bout d'un moment, je n'ai d'autre envie que d'aller retrouver les vrais Pointus, ceux qui y habitent maintenant, ceux qui font que la magie existe toujours. Et c'est à ce moment que je fais la véritable rencontre de la Pointe-Courte, celle qu'elle est devenue aujourd'hui.

Le film La Pointe-Courte d'Agnès Varda a été tourné en 1954. Photographe à la base, elle a sillonné le quartier pendant des mois avant d'écrire le scénario du film qui lancera sa carrière. Phillipe Noiret et Silvia Monfort, le couple central du film sont aussi à leurs débuts. Plusieurs des habitants du village ont joué des rôles dans le film. À l'époque, ils n'avaient jamais vu de caméra. Les gens de la Pointe s'en souviennent comme si c'était hier. La Pointe-Courte a marqué une époque, loin mais pas si lointaine en même temps.Un demi-siècle plus tard, le quartier n'est plus ce qu'il était certes, les voitures ont envahi les rues, le pavé est refait. Mais les filets y sont toujours, les Pointus (chats et humains) aussi, l'énergie y est douce, l'harmonie règne, comme si le temps s'était arrêté, comme si les Pointus étaient gardiens d'un trésor qu'ils savaient très précieux.

Merci à tous les Pointus de m'avoir ouvert leurs souvenirs, leurs portes et leurs bouteilles de rosé. Merci de m'avoir si rapidement adoptée. Je reviendrai vous voir avant la moitié du prochain siècle, promis.

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Commentaires

le quécois 06 oct. 2007

Fameux! on y retrouve la couleur et la chaleur des gens et de l'endroit, autant de son passé que de son présent,merci.

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johannedoucet 06 oct. 2007

Merci Julie pour ton style bien à toi c'est-à-dire de faire tes réalisations de l'intérieur, avec tes émotions et tes passions et tes coups de coeur (il n'y a pas que la technique de vrai après tout!!!)...Malgré tout ce que l'on peut en dire, reste toi-même, fies-toi à ton intuition, sois fière de ce que tu fais et de ce que tu es, prends-y plaisir, respectes-toi et prends soin de toi à travers tout cela...C'est bon de découvrir la France à travers ton regard à toi!!!

Leaburton 04 oct. 2007

Salut! Sujet intéressant mais par trop claustrophobique... Pourquoi n'avoir retenu que des plans serrés? Parfois on a envie de dire : "del'air, de l'air!"

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tata 04 oct. 2007

les images sont très belles mais tu passes à côté d'un sujet en traitant deux thèmes à la fois

Guillaume Fortier 03 oct. 2007

M.Lucas n'a pas assez de se donner en spectacle par l'entremise des personnages qu'il incarne au cinéma...il sent également le besoin d'être spectaculaire comme juge. Une attitude, selon moi, déplacé! Il continuera probablement tout au long de rallye car le public apprécie ce gente d'attitude, ça fait réagir. Fait abstraction autant que possible de ses commentaires et fonce. Amuse toi, oublie la compet. Tu verras c'est à ce moment là qu'on prend pleinement possession de ses moyens.

CéSo 01 oct. 2007

Bravo! Tu t'es bien retournée et ton reportage m'a tenu du début à la fin. Cependant, j'ai eu la tristesse dans le coeur en sachant que cette femme, par son manque de sensibilité, vient d'éteindre cette flamme que tu avais pour elle... C'est décevant les idoles parfois...

bouana 01 oct. 2007

Je connais bien Sète et je pense qu'il y avait de quoi faire davantage..mais j'ai bien aimé malgré tout

Gidou 01 oct. 2007

Très beau reportage! Et que dire des photos??? Beau travail

ânière 30 sept. 2007

Encore de magnifiques images ,et merci de nous montrer qu'il y a de charmants petits coins sur la côte d'azur . Je connais et pourtant ça me donne encore plus envie d'y aller , peuchère! Remarquable pirouette de transition ,bien sûr qu'on les palpe les souvenirs que tu ramènes , je suis impatiente de voir et entendre les prochains . continue !on aime nous!

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Axe 30 sept. 2007

Wow! Tres beau film, de belles images, tu semblais très bien dans ta peau a cet endroit. J'ai adoré! Continue ton beau voyage!

Lau 30 sept. 2007

moi, ça me donne envie plus que tout d'aller vivre là-bas ! Merci de ce bon moment

Florian Gouthière 30 sept. 2007

Juste grand.

Al-Fly-Fishing 29 sept. 2007

Petite précision, je ne trouve pas du tout qu'entendre Agnès Varda se faire interviewé manque au film, au contraire, j'ai le sentiment que tu étais belle est bien sur ces traces et que le charme qui ressort du repportage était surement celui qui lui a donné l'envie d'y tourné un film. Merci aussi à Agnès Varda de n'avoir pas eu le temps pour quelques paroles ;-)

Al-Fly-Fishing 29 sept. 2007

Excellent, une petite communauté, une pêche traditionnelle, du poisson, des filet, des enfants qui jouent, juste milieu entre toi en voix-off et cet homme qui nous raconte le quartier, avec les images vraies et simples qui se succèdent, top réalisation, musique très raccord. A mon goût un des meilleurs reportages à ce jour. Top!! tu t'es mis la barre haute pour le prochain reportage. En trois minutes et quelques, j'ai eu envie d'être là-bas pour quelques jours. En plus j'adore les sardines au feu de bois.


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julie