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Et ça roule!

Par : Guillaume Fortier

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Le voyage, c'est parfois rencontrer des gens qui donnent un sens à notre vie.

Le 28 juin 2003, je prenais place dans un bus qui faisait la liaison entre Tarija et Tupiza en Bolivie. On circulait à grande vitesse, en pleine nuit, sur une route sinueuse à flanc de montagne. J'étais assis sur le premier banc, côté droit, directement derrière le copilote et le conducteur. Nous étions à 2 500 mètres d'altitude et il faisait environ 4 degrés à l'extérieur. La condensation formait une buée dans les fenêtres du bus et le copilote l'essuyait pour protéger la visibilité du conducteur.

Je dormais légèrement et à l'occasion je jetais un coup d'oeil à la route. Vers 2h du matin, je me réveille en sursaut, à peine le temps de me lever pour constater que nous quittons la route et que nous plongeons dans le gouffre noir....

Je reprends conscience quelques instants plus tard, frigorifié à cause de l'eau de la rivière dans laquelle je me trouve, sans savoir depuis combien de temps je suis ici et ne comprenant pas vraiment ce qui venait de se passer.

Un étrange silence, de sombres gargouillis d'agonie et des cris sourds de souffrance rendent les lieux littéralement insupportables. En état d'adrénaline, je me hisse sur mes jambes, je fais quelques pas pour m'éloigner de la carcasse du bus et je m'effondre.

Je reprends conscience, j'essaie de me relever à nouveau, mais cette fois-ci impossible, mes jambes ne répondent plus. C'est là que je comprends que ma colonne vertébrale est peut-être touchée et que les quelques pas pour sortir du bus ont peut-être sectionné ma moelle épinière.

Je suis en panique, mes jambes ne coopèrent plus. Dans cette situation extrême, loin de tout proches, c'est le désespoir total. Plus de jambes, plus de vie !


Par la plus grande chance, ma colonne n'avait pas été touchée et aujourd'hui je marche toujours. Mais que se serait-il passé si j'étais demeuré handicapé ?





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Commentaires

Davio 26 mars 2007

Très beau reportage ! Merci.


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