Sur les traces de Mélodie
Par : Dominic Leclerc
- 20 Juillet 2006
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Tintin a fait le tour du monde et Astérix restera toujours plus fort et plus futé que ses ennemis. De son côté, Mélodie traversera les diverses étapes d’une vie relativement normale. L’intérêt est là. Un jour ou l’autre, chacun d’entre nous se penchera sur sa vie : qu'est-ce que j’ai réalisé ? Ma vie... elle a l’air de quoi ? Lorsque Sylvie Rancourt s’est posé ces questions, elle a eu la brillante idée de suivre les traces d’Art Spiegelman, mais avec une histoire beaucoup plus simple, une histoire sans guerre et sans super héros. En se penchant sur sa vie, Sylvie s'est, par la même occasion, penchée sur une table à dessin.
Sylvie Rancourt a créé Mélodie. Non. En fait, Sylvie et Mélodie ne font qu’une depuis déjà bien longtemps. Mélodie, c’est l’ancien pseudonyme de Sylvie, à l’époque où elle était danseuse nue. Cette particularité donne une certaine saveur érotique à la bande dessinée qu’elle a créée. Par contre, il faut savoir que le fait d’avoir été danseuse nue n’a pas poussé celle-ci à écrire son autobiographie. Elle aurait bien pu être avocate. Mélodie, c’est d'abord et avant tout une histoire simple, une histoire vraie.
Avec plus d’une quinzaine de titres, pourquoi l’oeuvre de Sylvie Rancourt est-elle inconnue de la plupart des Québécois ? Pourtant, la bande dessinée a été vendue à plus de 120 000 exemplaires. C’est que ces 120 000 exemplaires ont été vendus chez nos voisins du Sud et que durant les années 90, Mélodie s’est retrouvée au coeur d’une polémique. Le scandale aurait commencé à Toronto, alors que le magazine Family Circle aurait dénoncé la bande dessinée comme étant de la pornographie déguisée en dessin animé. Par la suite, des plaintes envers certaines librairies auraient entraîné une petite guéguerre contre cette bédé jugée obscène, ce qui mit des centaines de copies au rencart.
Après avoir signée un contrat avec un éditeur états-unien, Mélodie est devenue Melody. Il y a donc dix titres qui ont vu le jour dans la langue de Shakespeare, destinés au marché américain. Aujourd’hui, on peut retrouver ces titres sous la même reliure : Melody, The orgies of Abitibi. Bref, pendant qu’un magazine « moral » s’acharnait à salir l’image de cette effeuilleuse libertine, les Américains trouvaient les aventures de cette « french canadian» plutôt exotiques.
Rencontre avec une des seules bédéistes canadiennes à figurer de façon substantielle dans le dictionnaire mondial de la bande dessinée de Larousse, mais surtout, avec cette femme simple qui un jour, a illustrée sa vie dans un bouquin.
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Dominic Leclerc |








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