La Baie James... tellement plus que des barrages
Par : Michael Berrigan
- 15 Juin 2006
1971; Robert Bourassa donne le coup d'envoi pour ce qui sera l'un des plus gros projets au Québec.
1975; Les Québécois et la nation Crie signent la Convention de la Baie James, autorisant ainsi la mise en valeur des rivières de la région.
1987; L'ajout de nouveaux barrages font de l'ensemble La Grande le plus gros complexe d'hydroélectricité au monde.
2006; Des hommes, Blancs et Autochtones, développent en partenariat un projet de tourisme d'aventure visant à réunir deux nations qui ont trop longtemps été conservés dans l'ignorance.
Alter-Native
En arrivant ici, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Intrigué par ces monstres producteurs d'énergie, je m'intéresse à sa création et aux hommes qui en sont responsables. Cependant, durant les différentes discussions avec mes contacts et nouveaux amis, Gilbert et Sylvain, je découvre peu à peu la culture crie. Une nation qui a vécu de la chasse et de la pêche, de la trappe et de la construction d'abris traditionnels jusqu'à très récemment. Je me garde de vous faire l'historique des relations entre le gouvernement québécois et la nation Crie parce qu'elle est très ambiguë et laisse place à interprétation. Je peux par contre vous dire qu'il existe une tension constante entre les Blancs et les Autochtones. Entre Radisson et Chisasibi, et ce pour différentes raisons. Que ce soit du racisme pur et simple ou de la rancoeur pour ce qui est arrivé dans le passé, le manque de communication et d'intérêt des deux parties résulte dans un discours muet, entendu par des sourds. Réalisant que les 40 dernières années d'incompréhension pourraient mener à une situation encore plus tendue, un petit groupe de Blancs et de Cris décident de développer un concept de tourisme d'aventure visant à faire découvrir la vraie Baie James.
Une Solution enracinée dans la tradition
En 2005, Sylvain Paquin et Joe Snowboy cherchent un endroit pour établir les bureaux de leur petite compagnie, Chiyaanuu. Ils s'associent alors à Josie Cox, professeur de culture crie à l'école de Chisasibi et son cousin Sam, Tallyman de la famille et représentant au conseil des trappeurs de Chisasibi. La famille Cox est la famille la plus touchée par la construction des digues. Une grande partie de leur terre y est inondée.
De fil en aiguille, les quatre hommes développent un projet d'écotourisme autochtone et d'aventure nordique visant à instruire et à faire participer les touristes. Le projet fait son bout de chemin et les quatre hommes s'entourent de différents consultants. Parmi eux, on compte Gilbert Hamel, ami de longue date de Sylvain. Le conseil de bande de Chisasibi et le CBSC (Chisasibi Business Service Center) donnent alors leur support au développement du projet. Après un an de préparation, le projet est prêt à recevoir ses premiers groupes tests. Question d'apprendre et de découvrir les différents besoins des touristes, la compagnie Chiyaanuu reçoit sur demande des gens prêts a participer à une expérience unique. "Il y a énormément de choses à penser quand tu es dans le bois" me dit Sylvain. "La sécurité est la priorité numéro un. C'est pourquoi on prend le temps de tester notre produit avant de le vendre." Jusqu'à maintenant, les différents groupes ayant participé à cette aventure en sont tous revenus très satisfaits. L'ouverture officielle est dû pour juin 2007.
En quoi ça consiste?
Il y a une demande pour ce genre d'expérience. Il y a également une offre. Le problème est que le manque de communication entre les deux nations donne l'impression que les Cris ne veulent pas partager leur tradition et que les Québécois ne s'y intéressent pas. Josie me dit: "Avec ce projet, on espère aider les gens à comprendre, à éduquer et ainsi briser ce mur entre Blancs et Cris, mur érigé par l'ignorance."
Pour tout renseignement supplémentaire, contacter Sylvain ou Gilbert au 1-819-638-3129
Le merveilleux monde de l'objectif
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