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La Baie James... tellement plus que des barrages

Par : Michael Berrigan

1971; Robert Bourassa donne le coup d'envoi pour ce qui sera l'un des plus gros projets au Québec.

 

1975; Les Québécois et la nation Crie signent la Convention de la Baie James, autorisant ainsi la mise en valeur des rivières de la région.

 

1987; L'ajout de nouveaux barrages font de l'ensemble La Grande le plus gros complexe d'hydroélectricité au monde.

 

2006; Des hommes, Blancs et Autochtones, développent en partenariat un projet de tourisme d'aventure visant à réunir deux nations qui ont trop longtemps été conservés dans l'ignorance.

Alter-Native

Lorsque l'on entend les mots Baie James, une image nous vient tout de suite en tête. Hydro-Québec. Avec plus d'une quarantaine d'années d'histoire et d'innovations, ses barrages fournissent de l'électricité pour la majeure partie de la province et plusieurs grandes villes au nord des États-Unis. Une création plus grande que nature dont nous sommes tous dépendants. Seulement, avant tout cela, pendant plus de 5 000 ans, une nation y a vécu et évolué.

En arrivant ici, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Intrigué par ces monstres producteurs d'énergie, je m'intéresse à sa création et aux hommes qui en sont responsables. Cependant, durant les différentes discussions avec mes contacts et nouveaux amis, Gilbert et Sylvain, je découvre peu à peu la culture crie. Une nation qui a vécu de la chasse et de la pêche, de la trappe et de la construction d'abris traditionnels jusqu'à très récemment. Je me garde de vous faire l'historique des relations entre le gouvernement québécois et la nation Crie parce qu'elle est très ambiguë et laisse place à interprétation. Je peux par contre vous dire qu'il existe une tension constante entre les Blancs et les Autochtones. Entre Radisson et Chisasibi, et ce pour différentes raisons. Que ce soit du racisme pur et simple ou de la rancoeur pour ce qui est arrivé dans le passé, le manque de communication et d'intérêt des deux parties résulte dans un discours muet, entendu par des sourds. Réalisant que les 40 dernières années d'incompréhension pourraient mener à une situation encore plus tendue, un petit groupe de Blancs et de Cris décident de développer un concept de tourisme d'aventure visant à faire découvrir la vraie Baie James.

Une Solution enracinée dans la tradition

En 2005, Sylvain Paquin et Joe Snowboy cherchent un endroit pour établir les bureaux de leur petite compagnie, Chiyaanuu. Ils s'associent alors à Josie Cox, professeur de culture crie à l'école de Chisasibi et son cousin Sam, Tallyman de la famille et représentant au conseil des trappeurs de Chisasibi. La famille Cox est la famille la plus touchée par la construction des digues. Une grande partie de leur terre y est inondée.

De fil en aiguille, les quatre hommes développent un projet d'écotourisme autochtone et d'aventure nordique visant à instruire et à faire participer les touristes. Le projet fait son bout de chemin et les quatre hommes s'entourent de différents consultants. Parmi eux, on compte Gilbert Hamel, ami de longue date de Sylvain. Le conseil de bande de Chisasibi et le CBSC (Chisasibi Business Service Center) donnent alors leur support au développement du projet. Après un an de préparation, le projet est prêt à recevoir ses premiers groupes tests. Question d'apprendre et de découvrir les différents besoins des touristes, la compagnie Chiyaanuu reçoit sur demande des gens prêts a participer à une expérience unique. "Il y a énormément de choses à penser quand tu es dans le bois" me dit Sylvain. "La sécurité est la priorité numéro un. C'est pourquoi on prend le temps de tester notre produit avant de le vendre." Jusqu'à maintenant, les différents groupes ayant participé à cette aventure en sont tous revenus très satisfaits. L'ouverture officielle est dû pour juin 2007.

En quoi ça consiste?

"Le concept est simple. C'est du tourisme autochtone adapté pour une clientèle diversifiée. Non pas un tourisme québécois à saveur crie. Les gens viennent jusqu'ici pour quelque chose de différent, Chiyaanuu va leur donner" me dit Sylvain fièrement. Avec différents forfaits allant d'une journée à deux semaines entières, vous pourrez découvrir la culture crie, sur le mode des 6 saisons, en les vivant. Des randonnées en raquettes, à la fabrication du tipi dans lequel vous dormirez, en passant par la motoneige ou l'analyse des plantes et petits fruits que vous utiliserez, vous découvrirez la Baie James à la façon traditionnelle. Vous rencontrerez des Cris prêts à enseigner leur culture et ainsi faire leur part dans l'abolition de l'ignorance. Le concept sera également ouvert et adapté a différents groupes comme les scouts, les personnes âgées ou les écoles. Cela permettra entre autre au jeunes Cris de découvrir le mode de vie de leurs grands-parents, tradition qui, malheureusement, est en train de disparaître. "On préconise les groupes de 6 à 12 personnes, question de leur donner une expérience plus personnalisée," dit Gilbert.

Il y a une demande pour ce genre d'expérience. Il y a également une offre. Le problème est que le manque de communication entre les deux nations donne l'impression que les Cris ne veulent pas partager leur tradition et que les Québécois ne s'y intéressent pas. Josie me dit: "Avec ce projet, on espère aider les gens à comprendre, à éduquer et ainsi briser ce mur entre Blancs et Cris, mur érigé par l'ignorance."


Pour tout renseignement supplémentaire, contacter Sylvain ou Gilbert au 1-819-638-3129

Le merveilleux monde de l'objectif

Plusieurs photographes, professionnels et amateurs, frôlent le sol de la Baie James afin d'immortaliser ce paysage si mystérieux. Pour la faune ou la flore, pour un endroit où les traditions se choquent constamment avec les technologies. Pour une nouvelle forme de chasse. Pour le plaisir de mes yeux et les vôtres, j'espère, voici quelques moments sporadiques.

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