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La vie est un match d'impro

Par : Dominic Leclerc

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Blessé par une rupture amoureuse, Alain Cadieux enfourche sa bicyclette et part. Il s'enfuit sans fuir de ses Laurentides natales pour faire de sa vie un long moment présent. Ça s'est passé il y a 23 ans, et sa bicyclette s'est arrêtée à Saint-Jean-Port-Joli.

Ça fait 5 minutes que nous avons quitté la métropole et nous sommes rendus au quatorzième sujet de conversation. « Dominic, il va falloir que tu m'parles, la radio ne marche plus... » Il revient sur le troisième sujet en suspens, depuis la énième parenthèse. L'information coule à flot. Sa vie défile aussi vite que cette Grand AM qui nous dépasse sauvagement. Âgé de 54 ans, Alain Cadieux possède encore la naïveté d'un enfant et son parcours est une aventure cinématographique. Ça tombe bien, Alain est vidéaste. Depuis plusieurs années, il invente des histoires, agrandit ses deux maisons, travaille sur différents plateaux de tournage et se divertit en organisant des ventes de garage. Ici, aucune pensée mercantile. Alain vend de beaux objets à de belles personnes. « C'est comme un show. Je passe toute la journée à vendre des choses, parfois moins chères que je les ai payées. Ça fait plaisir, et une fois l'affaire terminée, j'ai assez d'argent pour me payer une bouteille de vin. »

Chacune de ces actions est guidée par l'immédiat. Lorsqu'il a une idée en tête, aussi farfelue soit-elle, il la concrétise. Ses réalisations — parfumées d'une douce ironie — s'apparentent à la performance. En 1998, il intronise la première « mademoiselle Miss patate frite internationale ». Depuis, plusieurs chanceuses ont pu accéder à cette prestigieuse reconnaissance. Alain vit dans un univers presque fantastique où tout est possible : « il suffit de faire une chose à la fois et de se laisser guider par le hasard».

Saint-Jean-Port-Joli porte bien son nom. Alain me fait visiter sa maison. Celle-ci est située sur le bord du fleuve et semble sortir tout droit d'un film de Tim Burton. Sur la grève, les roches sont placées de façon anarchique. Même après des années à marcher au même endroit, Alain ne peut pas se balader sans porter une attention particulière à ce chaos de bord de mer. Le défi, c'est d'être capable de marcher en faisant abstraction du spectacle qu'offre le Saint-Laurent. Le défi, c'est d'être capable de prendre le temps de s'arrêter pour observer.

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Commentaires

sam 17 sept. 2007

Je ne sais pas pourquoi, mais j'aime ça!

image article
yosat 07 avr. 2007

Bonjour, Je ne peux voir le vidéo. Je n'ai que le récit.


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